Rémunérations patronales : Bertrand raconte des bobards
Posted by jdem40 on 31st mars 2009
Soucieux de faire passer le décret sur les rémunérations patronales pour la panacée de la moralisation du capitalisme, Xavier Bertrand a soutenu sur RTL qu’à part l’Irlande, la France était la seule à avoir eu cette audace, ignorant ainsi le plan de sauvetage allemand.
Un acte par ailleurs quasi isolé d’après l’ancien ministre du Travail : « Il n’y a qu’un seul pays en Europe : l’Irlande qui a mis en place un décret de ce type et encore », prétendait Bertrand, reprenant Alain Duhamel, citant on ne sait pas qui. Un «on ne sait pas qui» plutôt distrait car l’information est fausse : l’Allemagne a pris, dès novembre 2008, des dispositions similaires dans le cadre de son plan de sauvetage. Mais s’il devait se restreindre à la vérité des faits, que deviendrait la geste sarkozyste !
L’Allemagne a préféré prévenir, la France se contente de guérir
Le record de mauvaise foi reste néanmoins aux mains de Brice Hortefeux qui a osé prétendre que la France serait le pays «au monde qui prend le plus de précautions», balayant d’un revers de phrase sur Europe 1 la limitation des salaires patronaux à 500 000 dollars initiée aux Etats-Unis par Barack Obama…
Outre la nécessité de trouver toutes les vertus à un décret auquel la presse, les syndicats et les politiques ont déjà trouvé tous les défauts le jour de sa publication, les zélateurs du sarkozysme se voient dans l’obligation de défendre cet acte législatif comme s’il était l’ultime effort du gouvernement.
Là où l’Allemagne avait conditionné son aide aux banques de 500 milliards à divers mesures de sobriété en terme de rémunération patronale (plafonnement, suspension des bonus, etc.), l’Etat français a signé un chèque en blanc, se penchant seulement sur les conditions de remboursement des prêts. Peut-être par peur que les patrons français n’acceptent jamais ces contraintes. Contraintes auxquelles les patrons allemands, acculés par leurs problèmes de trésorerie, ont bien vite cédés.
Dramatiser chaque décision pour rester crédible
La légitimité du président de la République reposant sur son programme, la remise en cause de ses « réformes » par la crise l’oblige à dramatiser chacune des décisions supplémentaires qu’il prend. Le plan de relance « sera le dernier, car il est largement suffisant. » Ce décret sur les rémunérations patronales « est un grand pas en avant et ne nécessite pas de loi supplémentaire. »
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